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Agréablement bordélique

J’aime revenir à Lausanne, goûter à l’agitation ponctuelle de sa gare, en fonction des pendulaires. En arrivant, je traverse le hall, observe les Japonais agglutinés sous le panneau de correspondances, à scruter le défilé précipité et aléatoire des chiffres et des lettres, pour finir par découvrir l’horaire et le quai qui les mènera à bon port.

J’avance et découvre une paire de jambes qui se croisent et se décroisent derrière le rideau d’un photomaton. Il est toujours amusant d’observer ce qui se passe dans le mètre carré derrière un rideau de photomaton. Là, ce sont deux jolies jambes nues d’une fille qui apparemment ne semble pas à l’aise au moment des flashes, puisque qu’elle enroule et déroule ses gambettes au gré des essais… En général, le nombre de pieds est proportionnel à la densité des rires qui s’échappent de la microcabine. Et parfois, deux jambes molles et une bouteille… Le photomaton est un petit théâtre, où l’on ne frappe pas trois coups avant de tirer le rideau. C’est un lieu de haute mise en scène, mais sans public, sans admirateur, sans applaudissement.

Je continue mon chemin, pour retrouver mes compagnons de travail. Nous enchaînons avec le métro, puis le bus pour nous retrouver dans le quartier de l’Avenue de Morges. Nous nous enfilons dans une ruelle et derrière un canapé noir défoncé, nous nous engouffrons dans une ancienne imprimerie. Là, des affiches couvrent les murs, des sculptures jonchent le sol, des poules empaillées se dressent sur des bibliothèques bancales, des éclats de céramiques s'accrochent çà et là. Nous voilà dans une colocation d’ateliers. C’est agréablement bordélique. On voit que la création préside dans ces lieux, et jamais le désordre ne m’a paru aussi clair et limpide. Tout semble à sa place, bien que rien n’y soit.

Nous prenons place dans un espace à l’allure de salle d’opération clandestine, avec un éclairage au néon qui s’allume comme dans les films d’épouvante : en cliquetant et en hésitant. Juste des murs épais et blancs.

Après ma séance, je reprends le train, retrouve la cadence du rail, pour retourner vers la Vallée du Rhône. J’envie, en revenant, ce foisonnement, cette colocation créative qui ne manque pas de se nourrir de sa diversité. Quelle chance d’explorer les univers de travail des autres.

23 mai 2011

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Carnet de route et déroute

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Bienvenue dans mon bac à scrabble.

Lili on the bridge a été un bureau de gestion de projets artistiques et culturels. Aujourd'hui, c'est un carnet de route et déroute.

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