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L'appel du bistrot

Je ne pensais pas devoir aller un jour le récupérer au café du coin, celui-là... Après avoir reçu des coups de téléphones de toutes sortes pour aller le chercher dans les endroits les plus improbables, parce qu'il geint devant portes et fenêtres closes, j'ai reçu l'appel de trop, l'appel du bistrot.

ELLE: Il faudrait que vous veniez le chercher !

MOI: Mais mettez-lui un coup de pied au derrière, il sait où il habite... C'est à deux pas de la maison !

ELLE: Non, là vraiment, s'il vous plaît, venez le chercher...

J'ai compris à cet instant qu'il ne s'était pas contenté de pleurnicher, mais qu'il avait certainement dépassé les bornes. A contrecoeur, j'enfile mon manteau, une écharpe et mes bottes et pars d'un pas contrarié sur la petite rue pavée qui sépare ma maison du bistrot. J'arrive près du café et l'appelle, mais discrètement, je ne souhaite pas spécialement être remarquée. Au téléphone, elle m'a dit qu'il était dehors, mais je ne le vois pas. Quelques jeunes fument une cigarette près de l'entrée. Ils me reconnaissent et me hèlent.

EUX:Il est ici ! Il est avec nous. Il est tellement mignon...

Je m'approche et le voit tranquillement assis à boire la coupelle de lait qu'on lui a offerte pour qu'il s'éloigne des intérieurs. Le vaurien ne lève même pas la tête, trop occupé à déguster une récompense apparemment trop peu méritée. Je l'appelle et finalement, il daigne lever le regard vers moi, les yeux tout pétillants de larcin. Il saute dans mes bras tendus vers lui et colle sa tête poilue contre mes joues. Cet animal est définitivement diabolique et sait comment m'amadouer. Par souci, je demande où se trouve le patron. La serveuse sort à l'instant et me dit que pour le moment, il est peut-être mieux d'attendre car il est encore fâché... Mais qu'on m'explique !

L'histoire est bien simple, Monsieur le Chat, trop habitué à ce que les dames du quartier le trouvent si adorables qu'elles le laissent pénétrer dans leur demeure pour un petit câlin, s'est invité au café-restaurant de sa propre initiative. Néanmoins assez discret, il s'est faufilé sous une table où soupaient tranquillement quelques touristes et n'a certainement manqué aucune miette tombée sous la table. L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais il a fallu qu'un couple entre dans le café avec... un chien. Le chat, effrayé par cette présence canine, a bondi, dévasté sur son passage assiettes, services et verres d'une table à l'autre, semant panique et pagaille. Il s'en est fallu de peu, j'imagine, pour que le patron ne lui tranche pas la tête sur place. Sa gentillesse l'en a retenu. Et sa ruse pour qu'il reste dehors, enfin, a été de lui offrir encore du lait... Qu'il ne s'étonne pas s'il revient semer la zizanie en espérant recevoir une coupette à la sortie, au lieu d'un bon coup de pied accusateur.

Mon chat me fait honte. Et je vais devoir passer le restant de mes jours à aller au bistrot boire des cafés pour me faire pardonner...

16 novembre 2010

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Bienvenue dans mon bac à scrabble.

Lili on the bridge a été un bureau de gestion de projets artistiques et culturels. Aujourd'hui, c'est un carnet de route et déroute.

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