Logo

 

News

"Y'a que des vieilles maisons"

Je descends du train, et soudain, un souffle glacé prend mon nez en otage. Vite, je glisse mes mains dans mes gants et boutonne la dernière fermeture de mon manteau gris. Je me décide pour un café à l'emporter, pour quitter la gare. J'ai eu bien raison ! La bise s'engouffre dans les rues de Bienne et tente de glacer les os de qui s'y aventure. Le ciel est dégagé, mais le froid est ici maître et seigneur.

Je me hâte jusqu'au musée Neuhaus, où je me réjouis de faire une halte à l'abri des courants polaires. Je salue, je prends la clé de l'atelier et reprend mon chemin. Le soleil n'a pas encore réussi à se hisser au-dessus des maisons hautes de la Vieille Ville. Bientôt, il jouera à cache-cache derrière la façade crénelée de l'Ancien Arsenal, devenu le Théâtre municipal ou derrière celle de la maison de la Corporation des Bûcherons. Ici, il me semble que je change d'époque, que je plonge dans une autre réalité. Seuls le sol goudronné, qui a remplacé les pavés, les enseignes des boutiques et restaurants, trahissent la vie contemporaine. Sinon, les vieilles pierres jaunes d'Hauterive, les arcades silencieuses et les armoiries dorées se souviennent d'une époque où cet endroit recevait la vie de tous les jours, comme un centre ville. Aujourd'hui, les gens se pressent dans des places où se partagent la vedette, des banques, de grands magasins, des arrêts de bus. Mais avant, au Ring, les gens se réunissaient pour faire le marché, tenir leur échoppe ou même tenir le tribunal. Aujourd'hui, le Ring est un lieu de souvenir. On y passe, on le traverse, mais on n'y fait plus commerce. Aucun regret dans ces paroles, mais ces murs, ces bâtisses, sont tellement séduisants, que j'y resterais des heures...

Soudain, des rires, des paroles et des remontrances s'élèvent. Ma classe de troisième primaire arrive pour sa visite. L'espace d'une heure, l'atmosphère se remplit de vie. On évoque les souvenirs, on imagine ce qui a pu se passer, on s'extasie quant à la vie artisanale... "Ici, y'a que des vieilles maisons, c'est pour ça qu'on sait que c'est la vieille ville". Oui, ici, il n'y a que de vieilles pierres, mais le regard frais que posent ces enfants sur cette vieille ville lui donnent un souffle heureux et vivant.

26 octobre 2010

Liste des chroniques


Carnet de route et déroute

News_box

Bienvenue dans mon bac à scrabble.

Lili on the bridge a été un bureau de gestion de projets artistiques et culturels. Aujourd'hui, c'est un carnet de route et déroute.

Simplement.