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Papillons, volez

Je me relève, mon dos me tiraille. Le soleil m'enlace depuis que je me suis mise à la tâche et il ne me laisse pas respirer. Je recule et regarde toutes mes petites étiquettes jaunes qui jaillissent de la terre. Courgettes par-ci, radis par-là, persil en haut, fleurs en bas... Pour l'instant, seules ces petites indications en plastique laissent présager la vie qui se met en route, là, sous la terre.

Je décide qu'il est l'heure de boire, aussi bien pour mes plantations, que pour moi. Je grimpe les escaliers avec mon arrosoir jusqu'à la maison. Je sors une grande gourde de thé froid du frigidaire et en boit la moitié, tant la chaleur m'a assommée. Je remplis mon arrosoir, qui se répand un peu dans ma cuisine et mouille les oreilles de Biscotte, qui, en en bon chat qu'il est, n'aime pas l'eau et me le fais comprendre par un coup de patte griffue dans les mollets. Si je n'étais pas au milieu de ma cuisine, je le doucherais copieusement...

Je retourne dans mon jardin et dispense à travers le pommeau la précieuse eau sur les lignes fraîchement semées. Petit à petit, la terre noircit, se gorge de liquide et invite les insectes résidents à prendre congé de leur torpeur estivale. Quel rafraichissement. Mon arrosoir ne contient pas assez d'eau pour toutes ces plates-bandes. Je me décide à réitérer l'exercice.

Lorsque je franchis la porte de la maison, il me semble que mon jardin a pris une teinte étrange. J'ai même l'impression... qu'il bouge! Embrassant péniblement mon récipient, je me hâte aussi vite que le poids de l'eau me le permet. Je découvre avec stupeur une nuée de papillons posée sur mon jardin rafraîchi! Ils sont cent, mille, ils sont tant. Je pose mon arrosoir et tout doucement, délicatement, je pose un pied devant l'autre. Les papillons les plus proches de moi volètent et se reposent. Je me trouve enfin au milieu du jardin, au milieu de toutes ces ailes palpitantes et légères. Puis d'un geste, je lève les bras au ciel. Tous ces éphémères prennent leur envol, je ferme les yeux et parviens presque à sentir le souffle de leur départ.

Quelques instants plus tard, il n'y a plus que moi, béate, au milieu de son jardin, les bras tendus vers le soleil accablant...

12 juillet 2010

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Carnet de route et déroute

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Bienvenue dans mon bac à scrabble.

Lili on the bridge a été un bureau de gestion de projets artistiques et culturels. Aujourd'hui, c'est un carnet de route et déroute.

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