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Routine du changement

La ville, en Valais, me dira-t-on, ce sont juste de plus gros villages... Presque, mais pas tout à fait. L'esprit n'y est pas vraiment le même, bien que l'on ne puisse pas faire un pas sans croiser un regard connu. La ville reste malgré tout un lieu très urbanisé, très codé, bien plus qu'un village. Je me plais à décrypter ces chemins imposés, ces ruelles que l'on n'emprunte pas, par habitude, ces perles que l'on n'explore pas. Ce qui est drôle, dans une ville, c'est que l'on a le sentiment de la connaître parce que l'on sait situer banque, poste et supermarché. Cependant, il y a matière à se plonger dans l'histoire de ses parcs, de ses clochers, de ses fontaines. Et pourquoi pas, sillonner ses pavés jusqu'aux châteaux, parcourir la géographie de ses pierres... D'une ville, on ne reconnait que son côté utile, professionnel, divertissant, au détriment de ses secrets et de ses caches. Je ne connais pas bien ma ville. Je sais où est la poste, où est la banque, où est le bistrot où je prends mon café le matin et où se trouve mon bureau. Je suis les mêmes trajectoires, inlassablement, chaque jour. Pourtant, il me prend parfois l'envie de briser la routine, d'emprunter cette traverse, de marcher à travers le gazon propret et de me pencher au-dessus de ce grillage, pour voir ce qu'il y a de l'autre côté. Des amours se font et se défont dans ces coins perdus, des substances illicites s'échanges dans ces antres souterraines, et je ne vois rien. Je ne m'accable pas, il n'est pas possible de réinventer son regard chaque jour, d'innover chaque instant... Ce serait alors cela, la routine. Trop de désir d'exceptionnel tue l'exceptionnel. C'est le parfois qui me plaît, la lubie. Changeons, aujourd'hui, et peut-être que ce changement deviendra habitude ensuite.

Ma ville, disais-je, je la redécouvre sans cesse. Enfant, elle me paraissait géante, tentaculaire. Aujourd'hui, avec le recul, l'expérience, elle me semble à taille humaine. Anonyme mais pas trop. Elle me coupe de ma réalité d'en haut et me sert de trait d'union avec les autres villes. Elle m'offre une certaine légitimité professionnelle et un point d'ancrage. Elle ne me fait pas peur. Elle ne me possède pas. Pendant des années, je l'ai détestée. Trop petite, pas assez dynamique, pas assez célèbre. Aujourd'hui, je la trouve riche. Riche de ses petites boutiques, de son non conformisme, malgré quelques concessions aux grandes chaînes de magasins. Elle regorge de petits événements insolites, de rencontres insensées, de fêtes et de marchés animés. On y aime, on y mange bien, on y rit et on y danse. On y est bien.

29 juin 2010

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Carnet de route et déroute

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Bienvenue dans mon bac à scrabble.

Lili on the bridge a été un bureau de gestion de projets artistiques et culturels. Aujourd'hui, c'est un carnet de route et déroute.

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